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Nouveau cru Maxime Chattam 2014 ! Lu depuis quelques semaines déjà, il est un invité bonus de ce challenge Thrillers et Polars qui, finalement, en compte pas mal ! 
Alors qu'est-ce que ça vaut ? Après la claque de La Conjuration Primitive, qu'est-ce que nous raconte La Patience du Diable : Paris, dix-huit mois après les épisodes de Val-Segond et l’affaire *e. Ludivine Vancker est toujours enquêtrice au sein de la Section de Recherche de la capitale, sa participation à l’arrestation d’un go-fast pas ordinaire va la plonger dans une nouvelle enquête. En compagnie de Segnon et Guilhem, flic fraîchement débarqué à la SR, Ludivine devra surmonter ses peurs, résoudre de multiples enquêtes en parallèle - la traque d’un dépeceur, la tuerie dans un TGV, des personnes retrouvées mortes de peur... - et pourchasser le diable.

Le diable, Ludivine, des enquêtes multiples, hum miam-miam ! Oui mais non...
Depuis ma première rencontre littéraire avec Maxime Chattam et Le sang du temps, c'est toujours avec délice et un peu d'angoisse aussi que je me plonge dans ses romans. Je les ai tous lus lors d'un précédent challenge et je les ai presque tous adorés. Celui-ci fait partie des presque. L'intrigue démarre sur les chapeaux de roue et nous confronte à un nouveau produit sur le marché : des morceaux de peau découpés sur des gens a priori vivants. Elle s'accompagne d'enquêtes secondaires : une tuerie perpétrée par des adolescents sur les passagers d'un TGV, et le cadavre d'un homme retrouvé littéralement mort de peur est retrouvé. Seulement, il n'y aura pas qu'une tuerie, il n'y aura pas qu'un mort de peur, il y aura plus, bien plus... comme une sortie de virus diabolique qui traverserait la France à toute vitesse. Maxime Chattam sait manier la plume et sait rendre son récit fluide malgré ses multiples intrigues. Son écriture toujours très cinématographique nous permet sans difficulté de visualiser les lieux, les personnages, la peur, de sentir la tension monter, d'être au coeur de l'action. Certains passages sont assez violents et personne ne sera épargné.

J'ai vraiment apprécié retrouver le personnage de Ludivine - qui prend plus de place que dans La Conjuration Primitive - elle est tenace, têtue, tête brûlée et se renferme dans son métier depuis les événements de l'affaire *e. A ses côtés, on retrouve également Segnon, la puissance masculine du roman, qui trouve un équilibre précaire entre son job de flic et sa famille, Laëtitia et leurs deux enfants. J'ai regretté que Guilhem ne soit pas plus étoffé, on ne le sent pas vraiment impliqué dans l'histoire même si son rôle sera, au final, déterminant. Les héros de La Patience du Diable sont à la fois forts et fragiles et, tout le talent de Maxime Chattam est là : savoir rédiger un thriller efficace et brutal, tout en proposant aux lecteurs des passages pleins d’émotions. 
Bien que nous proposant une critique de la société de consommation actuelle, et une réflexion sur les effets de la crise sur des personnalités déjà fragiles, j'ai trouvé que la résolution de l'intrigue était un peu simpliste et j'ai pensé, "finalement tout ça pour ça". D'un côté, ça m'a déçu car de la part de Maxime Chattam, j'attends plus - beaucoup plus ! - mais La Patience du Diable reste quand même un excellent thriller, bien meilleur que la plupart. Cependant côté puissance diabolique, on a déjà vu mieux, je pense notamment au Serment des Limbes de Grangé qui m'avait  terrorisé mais que j'ai adoré lire.

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