A l'occasion du challenge des douze thèmes, je me suis lancée dans la lecture de mon classique en choisissant La chartreuse de Parme de Stendhal. Au départ, j'étais partie pour lire L'enchanteur de Barjavel mais il ne rentrait pas dans la catégorie classique.... ce qui est fort dommage car je l'ai quand même lu et adoré alors que j'ai mis vraiment très longtemps pour venir à bout de La chartreuse de Parme, et c'est sans surprise que je peux vous annoncer que je n'ai pas vraiment aimé ce roman.

Déjà pour vous résumer le roman, ce n'est pas la chose la plus facile qui soit. Grosso modo, nous allons suivre les "aventures" de Fabrice Del Dongo, qui partira en France pour combattre avec Napoléon mais il arrive à Waterloo. Il retourne alors en Italie, dépité de n'avoir pu vraiment combattre, il va plus ou moins errer sans but jusqu'à ce que sa tante, la duchesse Sanseverina, qui s'est éprise de lui, ne décide d'en faire un homme d'église. Mais à Parme, la politique et les complots vont compromettre la carrière ecclésiastique de Fabrice.

ChartreuseBon par où commencer ? D'abord, le contexte politique et géographique de l'époque, le roman commence en 1796 alors que Bonaparte arrive en Italie, s'en suit des très nombreuses descriptions et actions en relation avec ce contexte géopolitique très complexe... en effet, l'Italie n'est pas unifiée comme aujourd'hui et se compose d'Etats qui peuvent parfois être en conflit, la domination autrichienne est présente et la plupart des italiens détestent Napoléon. Du moins, c'est ce que j'ai réussi à comprendre.
En effet, il sera impossible de comprendre et d'apprécier La chartreuse de Parme si on ne connaît pas bien cette période de l'histoire. On sera vite perdu parmi tous ces conflits et ces intrigues, ce qui a été mon cas.
Si la qualité littéraire est évidemment là, La chartreuse de Parme est, à mon avis, un roman trop ancré dans son époque pour être lu plus tard, à presque deux siècles d'écart.
Difficile donc de s'accrocher, d'autant plus que le récit, si on enlève toute la politique, est assez léger mais surtout son héros, Fabrice Del Dongo, n'est pas franchement charismatique... Au départ, quand Fabrice part en France, j'ai pensé au livre Le hussard sur le toit, avec la fuite d'un soldat italien vers la France. Mais le parallèle ne dure pas plus que quelques lignes, car là où Angelo Pardi, le hussard de Jean Giono, est intrépide et courageux, Fabrice est faible, facilement influençable et même un peu bênet sur les bords. Encore plus difficile de s'accrocher à cette lecture.
Ses amours avec Clélia Conti arrivent tellement tard dans le roman que j'ai douté qu'il s'agisse d'une romance. Quant à son amour pour sa tante, ça fait un peu pschitt, il n'y a ni l'étincelle de la passion interdite, ni l'intelligence d'un éloignement forcé car en fait, même si Fabrice aime la duchesse, il ne comprendra jamais ses sentiments à elle, de même qu'il n'est pas très fin quand il s'agit de décrypter les sentiments de ces proches. Fabrice est un beau jeune homme, charmant, qui a plusieurs maîtresses (j'ai d'ailleurs eu un peu de mal à saisir comment un futur évêque peut avoir des relations, mais visiblement ça ne gênait personne), mais totalement naïf, voire un peu ridicule par moments. Bref, je n'en suis pas tombée amoureuse !
Dans le lot des intrigues de cours, seule la duchesse Sanseverina sort du lot et est un personnage plutôt intéressant à suivre, c'est elle qui aurait dû être l'héroïne !
Quant à la fin du livre, au moment où Fabrice semble enfin proche de concrétiser son amour pour Clélia, Stendhal nous fait faire un bond de 3 ans, et expédie la romance et la fin du livre en 8 pages...

La chartreuse de Parme est un classique qui met la barre assez haut et que tout le monde ne pourra pas lire et apprécier à sa juste valeur. Je suis passée à côté de cette histoire, malgré les descriptions de l'Italie, de ses villes et paysages, et m'y suis beaucoup ennuyée. Ce premier Stendhal n'aura pas été une réussite, mais j'ai lu que beaucoup avaient préféré Le rouge et le noir, si je dois en lire un autre je choisirais celui-ci.

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